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Ateliers


Parce qu’on ne pense qu’avec les mots, les ateliers artistiques d’expression écrite et/ou orale proposent de développer le goût et la maîtrise du langage, ainsi que l’imaginaire et la créativité :
- poésie ;
- slam ;
- chanson ;
- recueil ;
- spectacle ;
- vidéo.


Voici l’exemple d’un atelier poésie et vidéo dans le cadre du dispositif PRE (programme de réussite éducative) des communes d’Aussillon, Mazamet et Labruguière (Tarn), en 2015-2016, dans les locaux de la MJC de Mazamet :

LE VOYAGE VERS L’AUTRE




Voici l’exemple d’un texte écrit puis mis-en-scène avec des élèves de 5ème dans le cadre d’une action pédagogique contre le racisme :

UNE
 DISPUTE
 ENTRE 
COLLÉGIENS

Petite 
pièce
 de 
théâtre
 en
vers
 contre
 le 
racisme




ATELIER 
D’ECRITURE 
2008‐2009

COLLEGE
 MADELEINE CROS DE DOURGNE


Distribution :
Bianca, Anna et Pierre-Olivier (les récitants)
Salomé (l’hésitante)
Ferdinand (le défenseur)
Dimitri (la victime)
Yannick (l’agresseur)

La scène se passe à Dourgne, de nos jours.

Ouverture musicale : un jeune homme (Dimitri) est assis par terre, la tête plongée dans ses mains, apparemment il pleure. Les récitants (Bianca, Anna et Pierre-Olivier) le rejoignent et lui caressent les cheveux pour le réconforter, puis introduisent l’histoire.

Bianca :
⎯ L’histoire ici présente, que l’on va vous conter,
Se déroule au village que tous vous connaissez.
Le sujet en est simple : il s’agit du racisme,
Car ce problème est là, comme un violent séisme.

Anna :
⎯ En effet, sur la Terre où les humains grandissent,
Il y a des tremblements que parfois ils subissent.

Pierre-Olivier :
⎯ Aujourd’hui, justement, un collégien d’ici
A reçu des injures et se retrouve assis…

Dimitri :
⎯ Pourquoi ? Suis-je si différent ? Mais qui suis-je vraiment ?
Depuis plusieurs années, je l’entends tout le temps :

Yannick :
⎯ Que fais-tu ? D’où viens-tu ? Pourquoi t’es pas pareil ?
Tu es noir de tes mains jusqu’au bout des oreilles !
Que fais-tu ? D’où viens-tu ? Pourquoi t’es pas Français ?
Ne reste pas assis comme ça à glander !

Dimitri :
⎯ C’est ça ! Tu vas encore me traiter de paresseux !
Ne suis-je bon qu’à travailler ?

Yannick :
⎯ Regarde-moi dans les yeux !
Les gens de ton espèce sont fait pour nous servir,
Depuis leur premier souffle jusqu’au dernier soupir !

Ferdinand :
⎯ Mais qu’est-ce que tu racontes ? On est en 2008 !

Yannick :
⎯ 2009 !

Ferdinand :
⎯ L’esclavage est fini ! Allez, excuse-toi !... Vite !

Yannick :
⎯ Non, mais quoi, tu rigoles ? Tu l’as vu ton ami ?
Tu crois qu’il est français ? Tu crois qu’il est d’ici ?

Ferdinand :
⎯ Je m’en fiche ! Peu importe Français ou pas Français !
Tous les hommes sont frères, même les étrangers !

Salomé :
⎯ Qu’est-ce qui se passe ici ? Pourquoi vous vous fâchez ?

Ferdinand :
⎯ Ce monsieur est raciste et il m’a énervé !

Yannick :
⎯ Mais c’est vrai, faut l’admettre, on est très différent.

Salomé :
⎯ Et alors, c’est pas grave : on est tous des enfants !

Dimitri :
⎯ Tu vois, il faut se respecter et arrêter de se disputer.

Yannick :
⎯ Bon d’accord, je m’excuse.

Ferdinand :
⎯ Tu comprends, c’est vrai ?

Yannick :
⎯ Oui, c’est trop bête : je ne fais que répéter
Ce que j’ai entendu, mais je me suis trompé.

Tous sauf Yannick :
⎯ Ahhh ! (soulagement)

Yannick :
⎯ Oui, c’est vrai, dans la vie, j’ai l’impression qu’on dit
Souvent beaucoup de choses qu’on n’a pas réfléchi.
Et aujourd’hui, je sens que j’ai fait une erreur.

Ferdinand :
⎯ C’est pas grave, c’est fini, mais tu nous a fait peur.

Salomé :
⎯ Allez, embrassez-vous ou serrez-vous la main !

Dimitri : (en levant le doigt)
⎯ D’accord, mais faudra pas recommencer demain !

Yannick :
⎯ Je te le promets, mon ami.

Ferdinand :
⎯ Mon copain.

Yannick :
⎯ Mon frère.

Dimitri :
⎯ Merci à toi l’ami. Vivons en paix sur Terre.

Bianca :
⎯ Et les voilà partis, ensemble unis et doux,
Répandre cette idée de Justice partout. (tous les autres applaudissent)


FIN

Entièrement écrit par les élèves, puis joué sur les planches lors de la fête du collège.

ÊTRE HUMAIN

C’est se préparer dans une caverne,
C’est se lever comme un soleil,
C’est marcher au milieu des géants,
C’est grandir jusqu’aux branches des arbres,
C’est mûrir comme un fruit pensif,
C’est aimer à travers les nuages,
C’est rêver le monde à venir,
C’est créer ce qui n’existe pas,
C’est donner la vie en échange,
C’est élever en s’élevant,
C’est avancer vers le silence,
C’est faire un dernier tour d’horizon,
Et se coucher sous les étoiles.

Collectif

LA POÉSIE EN LIBERTÉ

Au club poésie,
On oublie nos soucis,
On écrit et on lit,
On invente et on rit !

On dit nos vérités,
On rêve en liberté !
Qui croit que s’amuser
Empêche de travailler ?

Le club poésie,
C’est l’oxygène du mardi,
On s’y retrouve et on écrit
Tout ce qu’on a envie !

Après on y repense,
Comme une deuxième chance
Pour trouver les bons mots :
Petits poissons dans l’eau.

Nos stylos sont des cannes à pêche.
On se baigne, on se sèche,
En descendant la rivière,
Jusqu’au delta de la mer.

On regarde l’horizon
En oubliant les saisons.
On n’a plus peur de la mort
Quand le ver nous rend plus fort !

Collectif

Conseil pour l’écriture de poèmes (niveau primaire à 5ème) sous la forme d’une chansonnette pour poètes en herbe.

LES CHAMPIMOTS

Je suis parti dans mes pensées,
Avec pour canne mon stylo.
Tout ce que j’y ai ramassé,
J’en ai fait un plat rigolo.

D’abord, j’ai pris seul un chemin,
Au plus profond de mon cerveau.
J’en ai sorti avec mes mains
Des tas d’idées, de mots nouveaux.

C’est comme un lit de champignons
Qui pousse la nuit dans ma tête.
Au matin, c’est un champ mignon
Dans lequel je prends et je jette.

Je suis parti dans mes pensées,
Avec pour canne mon stylo.
Tout ce que j’y ai ramassé,
J’en ai fait un plat rigolo.

Après je me suis mis à table,
Avec pour assiette une feuille,
Épluchant tout. C’est agréable
De cuisiner ce que l’on cueille !

J’ai coupé mes mots en rondelles
Pour qu’ils rentrent bien dans mes phrases,
Car j’ai choisi comme modèle
Un grand moule en vers de huit cases.

Je suis parti dans mes pensées,
Avec pour canne mon stylo.
Tout ce que j’y ai ramassé,
J’en ai fait un plat rigolo.

Enfin, j’ai tout mis dans le four,
Recopiant à l’encre noire
Mon brouillon né au petit jour,
Pour le garder dans ma mémoire.

Le voilà cuit, tout chaud sorti
De mon rêve et de mon chemin.
Je vous le donne à goûter si
Vous venez, vous aussi, demain. (bis)

Partons, amis, dans nos pensées,
Avec pour cannes nos stylos.
Tout ce qu’on aura ramassé
Fera un menu rigolo !

Y.Y. et les élèves de la 6ème 1 du Collège
François Mitterrand de Caraman (2008-2009)

Conseil pour l’écriture de poèmes (niveau 4ème à 1ère).

VAISSEAU D’ENCRE

Revoilà ce désir traversant mon visage,
Ce désir déserrant de partir en poème.
Revoilà ce désir que j’attends et que j’aime
Quand sur la terre assis, je lorgne le rivage.

Revoilà ce désir de partir en voyage,
Bien qu’assis sur la chaise, embarqué dans mon bras,
Ce désir de glisser lentement dans les draps
De la mer de papier sans patrie et sans âge.

Revoilà ce désir, bien qu’assis à ma table :
Ce fond marin soutien de ma feuille océan.
Revoilà ce désir de fouiller le néant
En vue d’être arraché à la pierre et au sable.

Revoilà ce désir de fuir la vérité
Que l’usine des mots reproduits pour la foule,
Ce désir de créer cette phrase qui coule,
Quand la pensée se fond en langage inventé.

Revoilà ce désir de naviguer ainsi,
D’une main refermée en coque sur les eaux,
Plantant sa quille en paume, avec pour mat les os
Conduisant de son pôle à l’épaule endurcie.

Cet infini désir de reprendre la barre
En stylo gouvernail traçant ses vers d’écume,
Ce désir envoûtant de pénétrer la brume
Jusqu’au ciel étoilé où l’idée se fait art.

Ce désir, sur le pont, d’éclairer son cerveau
À la lueur des sons résonants de reflets.
Revoilà ce désir de voir le vent souffler
Dans sa manche et pousser vers l’horizon nouveau.

Ce désir que, la vie oxygénant la voile
De l’imagination orientant son œuvre,
Le poète et marin puisse échapper aux pieuvres
Empoignant son vaisseau de sang, sueur et moelle.

Ce désir néanmoins d’accepter la tempête,
Quand cette inspiration conduit vers l’inconnu
Ou démâte en radeau le poing final et nu,
Abandonné, tari au milieu de sa quête.

Ce désir de croiser, alors à la dérive,
Une autre main plongée sur la feuille endormie,
Abordant le poète aux phalanges-momies,
L’invitant à rejoindre en ses doigts l’autre rive.

Y.Y.


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